Un environnement de bureau Microsoft montrant un scientifique en blouse de laboratoire passant devant un mur de verre arborant le logo Microsoft, symbolisant l'innovation dans le stockage de données.

Microsoft révolutionne le stockage en plaçant les données sur verre.


Des chercheurs de Microsoft ont mis au point une technologie de stockage de données révolutionnaire capable de préserver des informations dans du verre courant pendant plus de 10 000 ans, ce qui pourrait transformer le stockage d’archives à long terme. La technique, décrite mardi dans la revue Nature, utilise des impulsions laser pour inscrire des données dans des plaques de verre borosilicaté pouvant stocker 2 téraoctets chacune, éliminant ainsi les coûteux cycles de migration exigés par les supports de stockage actuels.

Cette percée repose sur une nouvelle méthode de « voxels de phase » qui rend le stockage sur verre commercialement viable pour la première fois. En passant de la silice fondue coûteuse de haute pureté au verre borosilicaté courant, Microsoft a levé un obstacle financier critique qui limitait auparavant le potentiel de la technologie, selon la recherche publiée dans Nature.

La technique utilise une unique impulsion laser femtoseconde pour créer des variations uniformes de l’indice de réfraction du verre, encodant les données par la modulation de l’énergie de l’impulsion. Cela représente une simplification significative par rapport aux méthodes antérieures, qui nécessitaient des structures complexes sensibles à la polarisation. La récupération des données emploie une microscopie à contraste de phase de Zernike avec une seule caméra, remplaçant les systèmes multi-caméras auparavant nécessaires.

Performance et position sur le marché

Tableau présentant des métriques de performance comparatives pour divers supports de stockage artificiels.

La méthode à voxels de phase atteint une densité de données de 0,678 Gbit/mm³ sur des plaques de verre standard de 120 mm. Un système d’écriture à faisceau unique opère à 18,4 Mbit/s, tandis qu’un système de démonstration à faisceaux multiples atteint 65,9 Mbit/s, selon la publication dans Nature.

Ces vitesses restent bien inférieures à celles des technologies d’archivage actuelles. La bande LTO-9 écrit à environ 3 200 Mbit/s avec une capacité native de 18 To, tandis que les disques durs d’archivage offrent des vitesses similaires avec une capacité de 20-24 To. Cependant, ces deux supports traditionnels exigent un remplacement tous les 5 à 30 ans, tandis que le stockage sur verre promet la permanence.

Validation de l’affirmation sur 10 000 ans

Les chercheurs de Microsoft ont soumis des échantillons de verre à des températures extrêmes allant jusqu’à 500 °C lors d’expériences de vieillissement accéléré. En utilisant l’équation d’Arrhenius pour modéliser la dégradation thermique, ils ont déterminé une énergie d’activation de 3,28 eV pour la dégradation des données.

Les résultats prédisent une stabilité des données dépassant 10 000 ans même à 290 °C, ce qui suggère des durées de vie bien plus longues dans des conditions normales, ont indiqué les chercheurs. L’étude s’est concentrée uniquement sur la stabilité thermique, sans aborder les facteurs potentiels de contrainte mécanique ou de corrosion chimique.

Microsoft a déclaré que la « phase de recherche est désormais terminée », selon Microsoft Research, bien qu’aucun calendrier de commercialisation n’ait été annoncé. La technologie demeure protégée par des brevets avec un code d’exploitation propriétaire, ce qui indique que Microsoft contrôlera son développement.

Plutôt que de remplacer les bandes ou les disques durs pour les besoins d’archivage général, Project Silica cible des applications de type « écrire une fois, ne jamais lire », où la longévité prime sur les exigences de vitesse. Sa valeur principale réside dans l’élimination des cycles perpétuels de migration des données pour les archives les plus critiques de l’humanité, y compris les documents historiques, les données scientifiques et les matériaux du patrimoine culturel.

Sources

  • Nature
  • Microsoft Research

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