Image divisée montrant deux espaces de travail : l'un encombré de paperasse et d'anciens ordinateurs, et l'autre moderne avec des bureaux épurés et des écrans numériques.

La vérité choquante derrière l’écart de genre dans l’innovation en Europe

Les femmes ne représentent que 13,2 % des inventeurs désignés sur les demandes de brevets européens déposées entre 1978 et 2019, selon une étude approfondie du European Patent Office (EPO) publiée mardi. L’analyse de quarante années de données sur les brevets révèle que, bien que la proportion de femmes inventrices ait progressé, passant de 2 % à la fin des années 1970, le rythme actuel suggère que la parité entre les sexes ne sera atteinte qu’en 2060.

Cette disparité varie de façon spectaculaire selon les secteurs technologiques et les institutions, la chimie arrivant en tête avec 22,4 % de représentation féminine, tandis que le génie mécanique est à la traîne avec seulement 5,2 %, selon le rapport de l’EPO. Ces chiffres sont fortement corrélés à la participation des femmes dans les domaines universitaires correspondants.

Les universités et les organismes publics de recherche affichent des taux de femmes inventrices nettement plus élevés, à 19,4 %, contre 10,9 % dans les entreprises privées, selon l’étude. Cet écart souligne comment la culture institutionnelle et les structures de soutien influencent la participation des femmes à l’innovation.

Les variations géographiques révèlent des contrastes marqués

La Lettonie arrive en tête des nations européennes avec 30,6 % de femmes inventrices, suivie par le Portugal à 26,8 %, tandis que des pays comme l’Allemagne, le Luxembourg et l’Autriche se situent aux alentours de 10 %, selon les données de l’EPO.

La France occupe une position médiane avec 16,6 % de femmes parmi les inventeurs de brevets. Bien que ce chiffre dépasse la moyenne européenne, il reste bien en deçà des nations de tête. Les institutions françaises, dont l’Université de Lyon et l’Université Grenoble Alpes, se classent parmi les meilleurs innovateurs, bien que les données ventilées par sexe pour chaque université n’aient pas été fournies.

Méthodologie et perspectives

L’analyse de l’EPO s’est appuyée sur sa base de données statistiques mondiale sur les brevets (PATSTAT), utilisant des algorithmes et des dictionnaires spécialisés pour déterminer le genre à partir des prénoms des inventeurs dans plusieurs langues. Les chercheurs reconnaissent certaines limites, notamment le risque de classification erronée des prénoms ambigus et l’impossibilité de prendre en compte les identités non binaires.

La lenteur des progrès, passant de 2 % de représentation féminine à la fin des années 1970 à 13,2 % aujourd’hui, reflète des problèmes structurels plus profonds dans l’éducation STEM et les parcours professionnels, indique le rapport. Les demandes mondiales de brevets déposées auprès de l’EPO affichent un taux légèrement plus élevé de 15 %.

Pour combler cet écart, selon l’étude de l’EPO, plusieurs interventions sont nécessaires. Celles-ci incluent la promotion de l’éducation STEM auprès des filles, la mise en œuvre de programmes de mentorat et de cultures de travail inclusives, ainsi que des politiques gouvernementales offrant des incitations financières pour les équipes de recherche composées de personnes de différents genres.

Les données révèlent non seulement un problème de chiffres, mais aussi un important potentiel d’innovation inexploité à travers l’Europe, les tendances actuelles suggérant qu’il faudra encore quatre décennies pour atteindre la parité hommes-femmes parmi les inventeurs de brevets.

Sources

  • European Patent Office
  • World Economic Forum

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