Deutsche Telekom et Starlink ont dévoilé un partenariat au Mobile World Congress 2026 pour fournir des services mobiles par satellite directement aux appareils à travers l’Europe, visant à supprimer les zones blanches d’ici 2028. L’accord a provoqué un vif débat sur la souveraineté technologique européenne, des officiels allemands exhortant à éviter la dépendance envers le fournisseur américain, tandis que Deutsche Telekom assure qu’elle gardera la maîtrise des données selon les réglementations européennes.
Ce service s’appuiera sur les satellites V2 de Starlink pour transmettre données, vidéos, voix et SMS directement aux smartphones compatibles sans requérir de matériel spécialisé. D’après l’annonce de Deutsche Telekom, les mobiles basculeront automatiquement sur la connexion satellitaire lorsque les signaux terrestres feront défaut, créant ce que l’entreprise nomme un « Everywhere Network ».
Le Dr Abdu Mudesir, Chief Product & Technology Officer chez Deutsche Telekom, a décrit l’axe stratégique au Mobile World Congress : cibler les « 10 %, 5 %, 1 % non couverts. Les forêts, les montagnes, les îles », selon Euronews. Ce partenariat couvrira 10 pays européens où Deutsche Telekom opère, avec un lancement commercial attendu début 2028.
Au lieu de rivaliser avec les opérateurs mobiles, Starlink se positionne comme une couche additionnelle comblant les manques de couverture dans les zones reculées ou au relief difficile, a indiqué Deutsche Telekom dans son communiqué. Cette intégration promet une meilleure résilience du réseau, notamment lors de catastrophes naturelles ou de pannes de courant.
Les soucis de souveraineté divisent les responsables
Cette collaboration a mis en lumière de profondes divisions sur l’indépendance technologique de l’Europe. Des représentants du gouvernement allemand ont mis en garde contre une dépendance stratégique envers des fournisseurs hors UE pour les infrastructures critiques, prônant plutôt une souveraineté numérique européenne, selon l’annonce de Deutsche Telekom.
Mudesir a répondu directement à ces craintes durant la conférence, admettant l’inquiétude publique tout en défendant un équilibre pragmatique. Le point clé, selon lui, était de garantir un « environnement contrôlable où nos données sont sûres » avec un accès « régulé selon la norme européenne, et qui y accède est dans un environnement souverain », a rapporté Euronews. Cette posture suggère que la gouvernance des données suivra les normes de l’UE malgré le fournisseur technologique américain.
Ce débat s’inscrit dans les efforts plus larges de l’UE pour développer sa propre constellation satellite IRIS², conçue expressément pour réduire la dépendance aux systèmes étrangers tels que Starlink, selon Telecoms.com.
Les concurrents empruntent des voies différentes
Tandis que Deutsche Telekom a adopté Starlink, d’autres grands opérateurs européens misent sur AST SpaceMobile. Tant Orange que Telefónica ont annoncé des partenariats avec le rival spatial lors du Mobile World Congress, alors que Vodafone s’est également aligné sur AST SpaceMobile, d’après Telecoms.com.
Cette divergence stratégique indique que les opérateurs européens suivent des pistes différentes pour obtenir une connectivité omniprésente, risquant de fragmenter l’approche continentale des services mobiles par satellite. Ces alliances concurrentes préfigurent un marché dynamique où il reste à voir quelle technologie dominera les zones blanches du réseau cellulaire européen.
Sources
- Deutsche Telekom
- Euronews
- Telecoms.com

