La police du Bedfordshire a utilisé le système d’IA de Palantir pour démanteler un vaste réseau criminel transfrontalier, traitant 1,4 téraoctets de données de smartphones ayant mené à la condamnation des membres du gang « Fuck the Police ». L’Unité des opérations spéciales de la région Est a déployé la plateforme Nectar aux côtés des autorités roumaines lors d’une opération conjointe soutenue par Europol et Eurojust, bien que l’affaire ait soulevé des questions sur la transparence des contrats technologiques policiers.
La percée de l’enquête a été rendue possible par les capacités de traduction automatisée de Nectar, qui ont traité plus de 100 000 messages du roumain vers l’anglais en une seule journée, selon The Guardian. Des traducteurs humains auraient mis des mois et coûté environ 30 000 £ pour accomplir la même tâche, un délai qui aurait pu entraîner la libération sous caution des suspects.
Au-delà de la traduction, le système d’IA a généré en temps réel des graphiques relationnels cartographiant les liens entre les suspects en Angleterre et en Roumanie, offrant aux enquêteurs une vision évolutive de la structure du réseau criminel. La technologie était configurée pour analyser textes et images à la recherche de preuves, identifiant des mots-clés liés à la drogue, aux DAB (distributeurs automatiques de billets) et aux armes à feu, tout en détectant des images de stupéfiants. Nectar a signalé environ 120 infractions potentielles dans l’ensemble des données, orientant efficacement les enquêteurs humains vers les preuves les plus critiques.
Supervision humaine requise
Malgré le rôle central de l’IA dans le traitement des preuves, The Guardian a rapporté que la technologie fonctionne principalement comme un outil générant des renseignements préliminaires. Tout résultat de Nectar doit être examiné et « validé par une personne » avant d’être intégré aux dossiers officiels, garantissant une supervision humaine et la conformité juridique. Les conclusions de l’IA ne sont actuellement pas utilisées directement comme preuves devant les tribunaux.
L’enquête transnationale a nécessité la mise en place d’une Équipe d’enquête conjointe entre les autorités britanniques et roumaines, avec le soutien d’Eurojust et d’Europol. Ce cadre a facilité des actions coordonnées, notamment une journée d’action en décembre 2024 qui a conduit à des poursuites au Royaume-Uni et à des opérations ultérieures en Roumanie pour interroger les suspects et saisir des avoirs, selon Eurojust. L’enquête a abouti à l’emprisonnement de six hommes en novembre 2025.
Inquiétudes croissantes concernant la transparence
La police du Bedfordshire a retiré les détails de son contrat Palantir des archives publiques, limitant l’examen de l’accord, selon le Good Law Project. L’organisation de défense des libertés civiles Liberty a appelé à « un système de garde-fous solides » avant d’étendre l’utilisation de la technologie, a noté The Guardian.
Bien que la police affirme que Palantir n’a pas accès à ses données, l’absence d’informations publiques sur les termes du contrat et les capacités technologiques demeure controversée. L’affaire illustre la tension entre l’exploitation de l’efficacité de l’IA pour la sécurité publique et la nécessité de garantir la responsabilité ainsi que la protection des libertés civiles.
Sources
- The Guardian
- Eurojust
- Good Law Project

